CONSEQUENCES SUR LA VERSION PAPIER

 

 

Selon l’association mondiale des journaux, l’Europe compte 1132 quotidiens en 1997 avec une diffusion moyenne par titre de 71 000 exemplaires chaque jour. Cela représente quotidiennement plus de 80 millions de numéros en circulation. Mais cette diffusion baisse régulièrement depuis plusieurs années.

 

 

Selon Zenith Media pour l’association mondiale des journaux, la presse écrite de l’Europe de l’Ouest va continuer à perdre des parts dans le total des dépenses publicitaires : en 1985, les journaux représentaient 41 % de la publicité contre 37 % aujourd’hui au profit de la télévision mais surtout au profit de la montée en charge d’Internet.

 

 

Par ailleurs, les journaux consomment énormément de papier ; malgré une production européenne de près de 11 millions de tonnes, on enregistre une demande de plus de 16 millions de tonnes… Mais cette ‘boulimie’ de papier pèse lourd dans le budget des éditeurs et semble devenir un problème de plus en plus conséquent.

 

 

Autre pénalité pour les journaux imprimés : la distribution, c’est-à-dire leur acheminement jusqu’au lecteur ou jusqu’au kiosque à journaux. La France entretient encore un quasi-monopole de la distribution mais cela a un prix : l’acheminement d’un journal accapare entre 19 % et 45 % du prix moyen de vente au numéro (ce qui est énorme).

 

De plus, concernant les frais d’expédition des exemplaires jusqu’aux abonnés et le prix de vente au numéro, la presse écrite dépend des politiques en matière d’allègement de frais postaux, voire d’exonération totale, et de la taxe à valeur ajoutée (T.V.A) applicable.

 

 

Malgré ces conséquences quelque peu négatives, il faut tout de même faire remarquer que, selon l’association mondiale des journaux, l’année 1997 a enregistré une forte croissance des journaux imprimés, aux environs de 6,7 % d’augmentation.

 


 

CONSEQUENCES MAJEURES SUR LES POSITIONNEMENTS EDITORIAUX

           

 

 

La rapidité de diffusion qui caractérise ces « médias interactifs », à commencer par internet, va progressivement changer le contenu éditorial des quotidiens imprimés.

Par rapport à des supports plus réactifs capables de traiter « à chaud » l’actualité brute, les journaux papier vont devoir s’orienter plus encore vers des articles de fonds, d’analyse et de commentaires, en prenant encore plus de recul par rapport à l’information événementielle immédiate.

Les journaux imprimés devront changer à l’avenir pour prendre en compte la concurrence d’internet, comme ils ont dû le faire avec la télévision et la radio. La presse écrite pourra de moins en moins faire sa Une sur une « actualité » que tout le monde aura déjà vu la veille à la télé ou sur le web. La presse écrite ne pourra plus du tout vivre de l’information brute.

C’est aussi une occasion de mettre plus de chose sur le site web qu’ils ne pouvaient mettre sur leur média d’origine.

 

UNE MENACE ENCORE SOUS ESTIMEE POUR LE PAPIER….

 

Les éditeurs traditionnels sont plus ou moins conscients que la presse papier va -à moyen ou long terme- souffrir. Mais, pour eux, elle existera toujours car «  c’est le moyen de lire quelque chose » et   tant qu’ils n’auront pas un support aussi maniable et lisible que le papier, la presse imprimée aura un bel avenir devant elle.

L’édition électronique fera vraiment la différence lorsqu’ internet  sera accessible par la télévision. Car tout le monde possède un poste ce qui est loin d’être le cas pour l’ordinateur.

 

 

 

 

 

 

 

 

MAIS UNE PERSONNALISATION EXCESSIVE DE L INFORMATION

 

La spécificité d’internet réside dans le fait que l’utilisateur est habitué à venir chercher l’information. En effet, internet va permettre au lecteur de venir chercher l’information qu’il veut, quand il veut, comme il veut. Les journalistes internet croient beaucoup en cette « personnalisation de l’information » qui permet à l’utilisateur de dire « je veux être au courant de ce qui se passe sur… »

 

LIBERER DE LA PLACE SUR LE PAPIER

 

Sur le support papier, où l’on manque de place, il faudra instaurer des renvois vers internet, afin d’orienter le lecteur vers un rapport, une étude ou une loi mise en ligne, voire une information « tombée » le soir et non traitée faute de temps.